lundi 21 janvier 2019

Elyès Jouini: Quick Wins

Elyès Jouini: Quick Wins

Difficile de gouverner lorsque l’on a un mandat aussi court ! Se limiter à la gestion des affaires courantes ? Non seulement ce n’est pas satisfaisant, mais le pays ne peut pas se le permettre ! Les attentes sont énormes, les besoins sont incommensurables.

Il n’y a donc pas le choix. Il faut s’attaquer à un projet d’envergure et de long terme. Et parce que c’est de long terme, il faut commencer tout de suite ! Il faut préparer le terrain, les projets, la vision et mettre en place l’environnement opérationnel.
Mais s’attaquer au long terme, n’est-ce pas se priver des fameux Quick wins, ces victoires rapides qui permettent à un gouvernement de mettre en avant un bilan, aussi court soit son mandat.
Bien au contraire !
Car mettre en place un environnement compatible avec une vision et des projets futurs, cela peut passer par une simplification, dès aujourd’hui, de la vie du citoyen. Sous d’autres cieux, on parle de choc de simplification. Il ne s’agit, chez nous, de rien d’autre que de mettre les procédures au diapason et au rythme des besoins des entreprises et des attentes du citoyen.
Petite anecdote. Besoin d’un bulletin numéro trois pour un dossier a déposer auprès d’une administration. On pourrait déjà se demander pourquoi l’administration concernée ne demande pas directement au ministère de l’intérieur les bulletin numéro trois dont elle a besoin. Protection de la liberté et des données personnelles, direz-vous.  Il suffirait de demander de signer un document autorisant l’administration concernée à demander ledit bulletin. Passons ! Visite au commissariat de police vendredi après-midi. Fermé ! Évidemment ! Mais il sera ouvert samedi matin. Retour samedi matin, ouvert, ouf ! Mais là on y apprend qu’il fallait au préalable passer à la recette des finances pour y retirer un reçu contre la somme de trois dinars. La recette est fermé samedi matin.
Évidemment! Elle était ouverte vendredi après-midi. Dommage ! Mais pourquoi donc faut-il payer à un endroit pour retirer le document à un autre? Tous les deux distants d’une demi-heure de marche! Évidemment! Que de temps perdu ! Quel gâchis ! Imaginons ce que nous pourrions faire avec tout ce temps et avec toute cette énergie si elle était plutôt injectée dans une activité productive, dans la création d’emplois et non pas dans une procédure stérile. Il suffirait que le commissariat dispose de timbres de trois dinars ou que l’on puisse les acquérir auprès de n’importe quel bureau de tabac. Ou, plus simplement, que la procédure soit gratuite. Cela m’étonnerait que les trois dinars ainsi prélevés contribuent significativement au budget de l’État. Et même s’ils y contribuaient, le temps perdu, par tous les citoyens concernés par cette procédure et les milliers d’autres procédures plus chronophages encore et tout aussi stériles, c’est du temps de production en moins et donc des recettes fiscales en moins.
Simplifier ces procédures, serait une véritable source de confort pour les citoyens, une véritable source de gains pour les entreprises et de profil pour l’État. Et cela peut se faire sans pour autant toucher à l’emploi public. Cela nécessite juste de changer de « logiciel ». Que les procédures soient toutes passées au travers d’un crible unique : comment faire simple et rapide! Chaque procédure simplifiée sera un quick win, chaque procédure simplifiée ce seront des millions de bénédictions pour les parents de celui qui en est à l’origine!
On parle d’e-government et d’e-administration. N’attendons pas d’avoir tout passé à l’électronique. Bien sûr, ce serait extraordinaire ! Mais pour l’instant, contentons-nous de Quick wins et donnons au « e- » le sens d’efficacité. Que notre administration et que notre gouvernement soit efficace ! Nous n’en attendons pas plus !

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