mardi 18 décembre 2018

Elyès Jouini : Les Tunisiens ont fait chèrement payer ceux qui les ont trahis en 2011

Elyès Jouini : Les Tunisiens ont fait chèrement payer ceux qui les ont trahis en 2011

Cinq commentaires à chaud et trois réflexions sur les prochaines étapes. Interview express de Elyès Jouini :

Quels sont vos premiers commentaires?

  1. La compétence, l’efficacité et le respect de la parole donnée payent ! Béji Caïd Essebsi a su diriger un gouvernement, organiser les premières élections et laisser la place au moment opportun. Il a su ensuite mettre en place une dynamique porteuse et rassembleuse. Il a su parler à tous les Tunisiens et son parti en perçoit aujourd’hui les dividendes.
  2. Les Tunisiens veulent se réconcilier avec eux-mêmes et rejettent le modèle consistant à réclamer, en façade, une union nationale pour mieux imposer un modèle de société clivant et rétrograde. Ils ont su faire payer à la majorité sortante ses échecs au gouvernement et n’ont pas été bernés par le discours du « on ne nous a pas laissés travailler ».
  3. Les Tunisiens ont fait chèrement payer ceux qui ont trahi leurs électeurs en 2011. Ceux qui ont privilégié leur trajectoire personnelle, les urnes les renvoient aux poubelles de l’histoire.
  4. Les Tunisiens savent désormais mieux reconnaître le discours populiste, plein de promesses mais vide de contenu. Malgré l’argent de certains, largement répandu au cours de la campagne, leurs résultats sont en dessous de ceux de la pétition populaire en 2011. D’élection en élection, nous gagnons tous en maturité.
  5. Le travail de terrain et la rigueur payent. Parti de rien et sans aucune expérience politique antérieure à 2011, le parti Afek obtient neuf sièges et se place au nombre de ceux avec lesquels il faudra désormais compter. Il représente probablement la manière de faire de la politique de demain.

Et vos réflexions sur les prochaines étapes?

  1. Si cela se confirme, la majorité de Nida est suffisante pour pouvoir éviter une coalition entre les deux partis arrivés en tête. Et c’est tant mieux car son électorat ne s’y reconnaîtrait pas.
  2. Hechmi Hamdi a su reconnaître sa défaite et se retirer de la course à la présidentielle. D’autres qui occupent des positions élevées et qui ont subi une gifle monumentale devraient en prendre de la graine. Il y va de ce qu’il leur reste de crédibilité.
  3. Ne nous trompons pas, les perdants n’ont pas dit leur dernier mot. Ils peuvent peser sur les présidentielles et négocier le soutien de leur électorat. Il est important de se mobiliser autour d’un seul candidat pour éviter de laisser à d’autres le soin d’arbitrer.

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